1. COCUCT et DOKAS : deux métiers, une même chaîne de valeur
Dans la Tshopo, quiconque s’intéresse à l’agriculture croise tôt ou tard deux noms : COCUCT et DOKAS. Ils interviennent sur les mêmes productions et sur le même territoire, et ils sont souvent cités dans la même phrase. La confusion est donc compréhensible. Elle est pourtant trompeuse, car ces deux structures exercent deux métiers différents, et c’est cette différence qui fait leur force.
2. Une chaîne de valeur, deux maillons
Une filière agricole
performante ne repose pas sur un acteur unique qui ferait tout. Elle fonctionne
comme une chaîne dont chaque maillon doit être solide, identifiable et
responsable de son propre résultat. En amont, il faut des producteurs
compétents, organisés, capables de livrer des volumes réguliers et de qualité.
En aval, il faut des entreprises capables de transformer ces matières premières
en produits finis et de les vendre sur le marché.
COCUCT travaille sur le premier maillon. DOKAS travaille sur le second. Elles se rencontrent à l’endroit précis où la production devient matière première, et c’est là que s’arrête ce qu’elles partagent.
3. COCUCT : faire produire et organiser le marché
La COCUCT repose sur une
conviction simple : un producteur isolé vend mal, parce qu’il vend petit, tard
et sans pouvoir de négociation. Sa réponse tient en une séquence :
Producteurs → technicité → planification →
regroupement → qualité → vente groupée → transformateurs.
La technicité renforce les
compétences des membres : itinéraires techniques, bonnes pratiques,
accompagnement sur le terrain.
La planification coordonne
ce qui est produit, où et quand, en fonction de ce que le marché demande, et
non plus seulement de ce que chacun a toujours cultivé.
Le regroupement et la
qualité transforment de petites productions dispersées en lots homogènes que
les acheteurs peuvent intégrer.
La vente groupée replace les producteurs en position de négocier, face à des entreprises et des unités de transformation de la Tshopo et de toute la RDC.
4. Le modèle de la COCUCT tient en une
phrase
Elle organise les producteurs autour du marché. Elle planifie les productions, renforce les compétences techniques, accompagne ses membres et organise la commercialisation groupée des produits agricoles vers les entreprises et unités de transformation de la Tshopo et de la RDC.
5. DOKAS : transformer et valoriser
DOKAS commence là où le
travail de la COCUCT se termine. Son métier n’est pas d’organiser des
producteurs mais de transformer et de valoriser les productions agricoles,
selon une logique industrielle et commerciale :
Productions agricoles → transformation →
produits finis → marché → valeur ajoutée
Une tonne de matière brute vendue en l’état laisse l’essentiel de sa valeur à ceux qui la transforment ailleurs. En transformant sur place, DOKAS retient cette valeur sur le territoire, crée des produits que les consommateurs achètent, et dégage des marges qui se mesurent dans un compte d’exploitation.
6. Deux métiers, lus côte à côte
|
|
COCUCT |
DOKAS |
|
Métier |
Faire
produire, organiser le marché |
Transformer,
valoriser |
|
Position
dans la chaîne |
Amont
: du champ à la vente groupée |
Aval
: de la matière première au produit fini |
|
Ceux
qu’elle sert |
Les
producteurs membres |
Les
consommateurs et les marchés de produits finis |
|
Ce
qu’elle apporte |
Compétences,
planification, volumes, qualité |
Transformation,
produits finis, valeur ajoutée |
|
Ses
clients |
Les
entreprises et unités de transformation de la Tshopo et de la RDC |
Les
marchés de produits transformés |
Cette articulation crée une
relation commerciale évidente. Lorsque DOKAS cherche du maïs, du manioc, du
cacao, du café, de l’huile de palme ou d’autres matières premières, les membres
de la COCUCT sont des fournisseurs naturels : proches, organisés, formés à la
qualité.
Mais cette relation obéit à
une règle claire : DOKAS reste un client potentiel parmi d’autres. La COCUCT
conserve son autonomie commerciale. Elle vend à toute entreprise de
transformation qui lui offre de bonnes conditions, en Tshopo comme dans le
reste de la RDC. Aucune exclusivité ni aucune dépendance ne la lie. Cette
indépendance est une garantie pour chacun :
Pour les producteurs, elle
garantit qu’ils ne sont pas captifs d’un seul acheteur et que leur coopérative
défend d’abord leurs intérêts.
Pour les transformateurs, y
compris DOKAS, elle assure un approvisionnement organisé et fiable, sans les
risques d’une relation de dépendance.
Pour les partenaires techniques et financiers, elle permet de lire chaque structure pour ce qu’elle est, avec ses propres objectifs, ses propres résultats et ses propres responsabilités.
8. Pourquoi cette clarté compte autant
Dans le financement du développement, un principe se vérifie sans cesse : un partenaire finance un modèle, pas une nébuleuse. Lorsque deux structures voisines se confondent, les rôles deviennent flous, les résultats s’entremêlent et la redevabilité s’affaiblit. Qui est responsable de la qualité des lots ? De la rentabilité de la transformation ? De l’impact sur les revenus des producteurs ? Une frontière nette permet de répondre à chacune de ces questions.
Elle rend aussi chaque structure plus forte. La COCUCT peut se concentrer sur ce qu’elle fait de mieux, rendre les producteurs compétents, organisés et compétitifs. DOKAS peut se concentrer sur l’efficacité de sa transformation et la qualité de ses produits. Cette coordination entre deux métiers distincts, qui n’est pas une fusion, fait avancer la filière.
COCUCT organise l’amont et
le marché : elle fait produire, elle planifie, elle regroupe, elle vend
ensemble.
DOKAS valorise l’aval : elle
transforme, elle crée des produits finis, elle capte la valeur ajoutée.
Les deux se complètent sans
se confondre : les membres de la COCUCT peuvent fournir DOKAS, mais DOKAS n’est
qu’un client parmi d’autres, et la COCUCT garde sa liberté commerciale.
mieux Le Coordonnateur de COCUCT
Dominique
KASSIMBA
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